Dieu à l’épreuve de notre cri

Adolphe Gesché, Paris, Cerf, 1999, 154 p. 

Devons-nous rester muets devant Dieu en présence du mal et de la souffrance qui nous encerclent comme un cauchemar ? S’il est vrai que nous pouvons être responsables devant Dieu, serait-il impie, en présence d’un Dieu de promesses, de l’interroger sur celles-ci ? Mais que peut la théologie pour répondre à l’immense dignité des questions que l’homme souffrant se pose,  » chair offerte à la morsure du réel  » (A. Comte-Sponville) ? Nous croyons précisément que la  » Rédemption  » a un sens. Que le Dieu de la Croix détient un secret et une vérité que nous devons retrouver. Car il s’agit là d’un Dieu qui partage notre cri, au plus réel de celui-ci. L’antique question de la toute-puissance de Dieu, mise en cause avec celle de sa bonté, en un débat qui dure depuis toujours, est abordée de front. Une réponse, théorique et pratique, est tentée qui cherche à rompre avec les redites et ne craint pas de procéder à des révisions. Dans le même temps, Dieu ainsi mis à l’épreuve de notre cri se découvre être tout nouveau, un Dieu qui n’a guère à voir avec ce que tant de siècles de prudence et de faux respect en ont fait. Nous l’avions oublié et méconnu. Il sort grandi de notre question. Le Dieu de Jésus-Christ apparaît enfin comme le Dieu plausible qu’on attend et qu’on souhaite en ces temps qui passent parfois pour être les derniers. Comme si notre époque était celle qui découvre la seule manière possible et soutenable d’être Dieu.