Ce qui remonte de l’ombre. Itinéraire d’un soignant

René-Claude Baud, Bruxelles, Lessius, 2011, 136 p. 

 » La rencontre de malades et de mourants me révéla une figure insoutenable de l’homme souffrant, arraché à son lieu, livré seul à sa propre angoisse, pauvre d’avenir. Ma santé, mes activités, mes projets dressaient une barrière entre eux et moi. Je me trouvais sans voix, démuni pour communiquer ce qui pour moi est une « bonne nouvelle ». Je ne pouvais plus éviter de me livrer tout entier à l’affrontement d’une relation réelle, au risque de perdre mes repères. Je pris la livrée de l’agent de service hospitalier. Depuis ce jour, le malade est devenu mon maître, d’autant plus exigeant et efficace qu’il ne le sait pas. «